dimanche 8 décembre 2013

Bouffort Transville







http://chenillette.centerblog.net/

C'est à l'ingénieur aéronautique Victor Bouffort que l'on doit cette Smart ForTwo avant l'heure, de 1959 et de 2m15 de long, à l'esthétique et aux feux arrières très "NSU", alors que la NSU Prinz 4 ne sera produite qu'à partir de 1961. Même la Chevrolet Corvair, initiatrice de la "Corvair line" qui inspira de nombreuses voitures, n'arriva chez les concessionnaires américains qu'en septembre 1959.

Victor Bouffort est l'un de ces ingénieux ingénieurs, pour ne pas dire géniaux, aux intérêts et aux talents multiples qui se sont fait un nom par eux-mêmes et pour eux-mêmes dans le domaine du transport ; je pense à Jean-Albert Grégoire, Ettore Bugatti, Gabriel Voisin. Victor Bouffort a créé des prototypes aéronautiques avant et jusqu'après la Seconde Guerre Mondiale, en travaillant notamment avec l'aviateur et inventeur Charles de Rougé, concepteur de toute une série d'appareils à empennage en T, du nom d'Elytroplan. Après celle-ci, Victor Bouffort s'intéresse également aux moyens de locomotion terrestres et, plus particulièrement, populaires.

Il est souvent cité dans les ouvrages et sur les sites web qui parlent de la Peugeot 403. On lui doit en effet un superbe roadster 403 sans portières dont l'esthétique tient à la fois de la Chevrolet Corvette première version et de la Renault Frégate, avec un élégant habitacle elliptique intégrant la capote. Avec ses chromes et son rouge-camion-de-pompier, il rappelle les beaux jouets et les manèges pour enfants de l'époque. On trouvera une très belle photo en couleur de ce roadster sur ce joli site d'un aficionado de la 403.

Victor Bouffort a développé des automobiles dès 1945, en commençant par un tricyclecar aérodynamiquement caréné assez connu, à chassis en Y et portes papillon, soit près de 10 ans avant Mercedes, doté d'un moteur de Citroën Traction Avant. Ce véhicule est cité sur le site anglais 3wheelers.com déjà mentionné dans un autre post, mais aussi sur son équivalent français tout aussi excellent, passion-3-roues.centerblog.net (signalons au passage le site web de l'Amicale tricyclecariste de France que les passionnés du sujet doivent absolument fréquenter). Il a également conçu plusieurs prototypes de citadines, comme la Peardrop, connue sous le nom de City Car ; l'Enville ; la Transville, donc ; et la très intéressante Minima à moteur Citroën Dyane, expression très aboutie de la voiture de taille minimale qui aurait pu préfigurer les Auto Lib' puisque Victor Bouffort avait aussi préparé un plan d'intégration et de circulation de la Minima dans Paris.

On lui doit aussi des chenillettes polaires et d'autres véhicules militaires astucieux, ainsi que l'une de ses réalisations les plus emblématiques, la Valmobile, scooter-valise produit par la suite sous licence au Japon par la firme Hirano. On trouvera toutes les informations en français sur cette étonnante petite machine sur deux blogs hébergés par OverBlog ; attention à ne pas les confondre, leur présentation est identique. Tout d'abord Scoot-Toujours, très détaillé ; on y apprend qu'Hirano avait passé un contrat avec Ford aux USA, qui offrait une Valmobile à tout acheteur d'une automobile. Puis Moto-Scooter-Année50-60, avec des photos et des documents complémentaires intéressants. Je recommande aussi cette excellente page du blog Buy Vintage en anglais, avec une rarissime brochure du scooter et une vidéo qui le montre en action.

Mais le seul site de référence, même Wikipedia n'en parle pas, c'est dire ! sur Victor Bouffort, réalisé par un de ses fils, se trouve ici: http://chenillette.centerblog.net/.

C'est là d'où est tirée la photo du haut, la seule que j'ai trouvée à ce jour sur la Transville et que l'on retrouve sur d'autres sites. Pourquoi cette voiture figure-t-elle dans ce blog, alors que je serais tenté de dire que sa lunette arrière n'est pas inversée ? Pour plusieurs raisons.

D'abord parce que la lunette arrière de la Transville libère une place maximale pour accéder au moteur et c'est là l'un des principes et avantages de la lunette arrière inversée, qui n'avait pas du échapper à Victor Bouffort. Ensuite parce que sa lunette est certainement verticale, dans le prolongement des ouïes latérales que l'on voit sur le bas-de-caisse, tout comme celle de l'Autobianchi Bianchina Lutèce qui figure en bonne place ailleurs dans ce blog alors que sa lunette est "parfaitement vertical".

C'est également l'occasion de redécouvrir un inventeur automobile méconnu. Enfin, parce que ce blog est aussi prétexte à vous faire découvrir, j'espère, des sites intéressants. J'en veux pour preuve, outre ceux déjà mentionnés dans ce post, ce très intéressant webzine en français et en anglais, Le Petit Fumiste Illustré, consacré à des véhicules tout à fait extraordinaires fruits de l'imagination féconde de leurs concepteurs. (Pour chaque numéro cliquez-bien sur les deux pages indiquées en haut à gauche et à droite de part et d'autre du drapeau britannique, "page auto et "page brevet" par exemple). C'est là que j'ai découvert la Valmobile après avoir effectué des recherches, ne me demandez pas pourquoi, sur la Brandt Reine 1950. Cette automobile à l'esthétique de prime abord étrange mais très en avance sur son temps fut présentée au Salon de Paris de 1948. On la doit à l'ingénieur Jules Brandt, frère de l'industriel, ferronnier d'art et galériste Edgar Brandt, lui-même fondateur de la fabrique d'armement Brandt qui produisit un célèbre mortier de 81mm, de la marque d'électroménager éponyme et arrière-grand-père du pilote de Formule 1 Romain Grosjean. En tous cas, une voiture que n'aurait pas renié Victor Bouffort. La boucle est bouclée, je vous laisse découvrir en quoi la Brandt était révolutionnaire, même si elle n'avait pas de lunette arrière inversée.

This post is going to take you to places of the mind and back to moments in the history of locomotion that have long been forgotten in our assertive, yet uncertain times. 

First please meet Victor Bouffort, who for me belongs to a line of French engineers and fecund inventors with a wide spectrum of interests including aviation, automobile, architecture, technology or even social issues alongside Ettore Bugatti, Gabriel Voisin, Paul Arzens, or Jean-Albert Grégoire and who likely considered their craft as an art form.

After designing airplane prototypes before WWII under the helm of the aircraft designer, Charles de Rougé, he developed various automotive prototypes after the war. His first one, a three-wheeler built on a Y-frame and powered by a Citroën Traction Avant engine, sported gullwing doors almost 10 years before the Mercedes 300 SL. He is usually mentioned for a unique dashing, doorless red roadster built on a Peugeot 403 base, but he also created various city cars decades before the Smart ForTwo, which can all be seen on this French blog about him by one of his sons, probably the only complete source on Victor Bouffort on the web. His production includes military and civilian light track vehicles and a small military carrier for Lohr. A Transall aircraft could either carry four Jeeps or 12 of the much smaller Lohr, but whose combined payload once deployed would amount to 6 tons, compared to 1.4 ton for the Jeeps.

The Transville, above, is one of the prototype city cars that he created. Do not be fooled by this little car's diminutive Corvair line; it appeared in 1959, while the Chevrolet arrived in showrooms only in September the same year. It doesn't quite seem to have a backward-slanted rear window, but then this wouldn't be a first here, where the case of the Autobianchi Bianchina Lutèce is discussed elsewhere on this blog. One of Bouffort's masterpieces, though, remains the Valmobile, a small suitcase-like folding scooter that met an understandable success in Japan where it was produced by Hirano. The firm even struck a deal with the Ford Motor Company, whereby US buyers would get a Valmobile with their new car. Not sure that the 'car trouble!' ploy was aptly pitched, as it probably cast doubts on the reliability of the main vehicle, therefore defeating the very purpose of the promotion. In any event, it was Hirano that folded at the beginning of the 1960s and the Valmobile story ended.

I came across this little scooter by chance, which lead me to do some research on Victor Bouffort. The first information I got was on this excellent webzine in French and English about extraordinary vehicles in the literal sense, Le Petit Fumiste Illustré (or 'The Illustrated Little Idler'). Sadly publications seem to have ended after Issue #13, but do not hesitate to browse. Each issue has two pages: click on the links on either side of the flag at the top to access them. This is also where I found information about the Brandt Reine 1950, a revolutionary car presented at the 1948 Paris Motor Show, which doesn't have a backward-slanted rear window - but that would have most certainly gotten Victor Bouffort's seal of approval.

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